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À la rentrée 2026, poser des questions aux élèves sur les violences sexuelles : et si c’était surtout une occasion de leur permettre de parler ?

À la rentrée 2026, poser des questions aux élèves sur les violences sexuelles : et si c’était surtout une occasion de leur permettre de parler ?

À la rentrée, la question de la prévention et du repérage des violences sexuelles prend une place toujours plus importante à l’École.

Et en tant que sexologue spécialisé dans l’accompagnement des victimes de violences sexuelles, je pense qu’il est essentiel de rappeler une chose :

👉 Un questionnaire ne fait pas parler un enfant.
C’est ce qui se passe après sa réponse qui peut lui permettre de parler.

Demander à un élève s’il a déjà subi des gestes déplacés, des propos sexualisés, du harcèlement, une pression, une diffusion d’images intimes ou une situation qu’il n’a pas souhaitée peut faire émerger une réalité jusque-là tue.

Mais derrière une case cochée « oui », il peut y avoir :

• un enfant qui ne sait pas comment nommer ce qu’il a vécu ;
• un adolescent qui pense que « ce n’est pas si grave » ;
• une victime qui culpabilise ;
• un jeune qui a peur de ne pas être cru ;
• un élève qui protège encore son agresseur ;
• ou simplement quelqu’un qui vient, pour la première fois, de répondre honnêtement à une question qu’on ne lui avait jamais posée.

La question est donc importante.
Mais la réponse l’est encore davantage.

Prévenir les violences sexuelles, ce n’est pas seulement apprendre aux enfants à dire « non ».

C’est aussi leur apprendre :

🔹 que leur corps leur appartient ;
🔹 qu’un adulte n’a pas le droit de sexualiser la relation avec un enfant ;
🔹 que le consentement doit être libre et respecté ;
🔹 qu’une pression, une menace ou une manipulation ne constitue pas un consentement ;
🔹 qu’une image intime peut être utilisée pour exercer une emprise ;
🔹 qu’ils peuvent parler, même lorsqu’ils ont honte ;
🔹 et surtout… qu’ils ne sont jamais responsables des violences qu’ils subissent.

L’Éducation nationale rappelle aujourd’hui que l’éducation à la vie affective et relationnelle participe pleinement à la prévention des violences sexistes et sexuelles et que les élèves doivent progressivement apprendre à les identifier, les signaler et s’en protéger.

Mais soyons vigilants :

Faire émerger la parole sans avoir préparé les adultes à l’accueillir peut laisser une victime seule avec ce qu’elle vient de révéler.

La prévention doit donc aller de pair avec :

➡️ la formation des professionnels ;
➡️ des espaces de parole sécurisés ;
➡️ des procédures claires de signalement ;
➡️ une écoute sans jugement ;
➡️ et une véritable culture de la protection.

Parce qu’un enfant qui répond « oui » à une question sur les violences sexuelles ne demande pas seulement qu’on coche une case.

Il peut être en train de nous dire :
« Est-ce que quelqu’un va enfin m’aider ? »

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